Essai Opel Insignia OPC : on y était presque !

Opel propose ce que certains perçoivent comme un édulcorant des breaks Audi S et RS avec son Insignia OPC. Faut-il véritablement le voir comme tel ou bien possède-t-il une âme ?

Historiquement, il est certain que l’on doit à Audi le principe de l’armoire normande qui va vite. Dans les années 90, la marque aux anneaux jette sur la route sa RS2 mue par un 5 cylindres de feu qui développe déjà plus de 300 ch. 25 ans plus tard, on trouve dans cette Insignia OPC peu ou prou la même puissance issue du V6 2.8l turbo : 325 ch. Seulement entre temps, les breaks RS chez Audi ont subi une lourde course à l’armement au point que cette Opel badgée OPC rivalise tout juste avec une « simple » S4 qui développe aujourd’hui 333 ch.

Sauce préparateurs allemands.

Opel Insignia OPC Tourer

En Allemagne, on connaît les préparateurs comme ABT ou Schnitzer. La division sport OPC d’Opel n’a pas fait dans la dentelle au moment de tailler un jogging à l’Insignia. C’est voyant, un rien vulgaire mais c’est ce qui fait aussi son charme. Après tout, on ne peut pas dire que M chez BMW ou AMG chez Mercedes font plus distingué … On retrouve donc de gros boucliers avant et arrière, de larges prises d’air, des jantes grandes comme ça et un aileron sur le toit du break.

A noter que l’Insignia OPC existe aussi en berline mais que dans ce segment, les breaks font moins cinquantenaire vieillissant. A l’intérieur, on retrouve de très beaux fauteuils baquets qui sauvent un peu les apparences. La présentation fait vieillissante et l’ergonomie n’est pas au top. En revanche, le tableau bord hérite d’un bel ensemble qui mêle compteurs à aiguilles et affichage numérique du plus bel effet.

Opel Insignia OPC Tourer – tableau de bord

Moteur : pffft et pschiiiiiit

Le V6 2.8 Turbo affiche un belle fiche technique dont les chiffres trahissent un peu l’âge. 325 ch et 435 Nm de couple sont perchés à 5 250 tours. Il est donc plutôt pointu à l’inverse des derniers moteurs turbo très linéaire qui offre en général beaucoup de couple autour de 2500 tours. Face à lui, on trouve le V8 compresseur de la S4 qui développe 333 ch pour 440 Nm dès 2 900 trs. Au démarrage, on se dit immédiatement que ce V6 n’est pas à jeter car il gratifie le conducteur d’un joli bruit à l’échappement sur le ralenti. Hélas, plus il prend ses tours plus il perd en expressivité mais l’ambiance est tout de même assuré par les sifflements du turbo et le ronronnement de ce moteur qui possède encore une belle cylindrée.

Opel Insignia OPC Tourer – arrière

Comme je m’y attendais, il demande à être cravaché pour donner le meilleur de lui-même et c’est là que le bas blesse. L’Insignia OPC devrait avoir une autre boîte de vitesses. Celle dont elle est équipée : une automatique à 6 rapports date d’un autre ère. Lente entre chaque changement, générant parfois des à coups, elle s’en sort à peine mieux en passant en mode manuel. Décidément, les ingénieurs allemands d’Opel devrait aller voir ce qui se fait chez le fabricant ZF qui équipe les BMW, Audi et Jaguar sportives.

Sur le papier, les performances sont en retrait face à l’Audi S4. Le 0 à 100 réclame 6,6s, soit presque une seconde de plus qu’une S4 et c’est même plus lent que l’Astra OPC pourtant moins puissante. C’est dommage car le châssis s’en sort plutôt bien. On bénéficie de quatre modes de conduite : confort, normal, sport et OPC. Les derniers tiennent plutôt bien les mouvements de caisse. La transmission intégrale permanente est assez neutre tout en occasionnant quelques sous virages quand on est trop optimiste mais rien de bien méchant, ni anormal avec ce genre de transmission. Le freinage confié à Brembo remplit parfaitement son rôle : mordant et efficacité sont au rendez-vous.

 

Verre à moitié plein … ou à moitié vide !

Finalement, Opel se trouve confronté à la même comparaison qu’Aston Martin avec Ferrari. On peut faire une belle voiture, avoir un bon moteur, un châssis qui va plutôt bien sauf que quand la boîte de vitesse laisse à désirer, la voiture en devient elle un peu moins désirable. Les anglais d’Aston ont réagi avec la dernière Vanquish en changeant enfin de transmission pour relancer en même temps que le match, la carrière commerciale de la belle anglaise. Espérons que cette Insignia connaisse les mêmes lendemains car elle le mérite surtout avec son argument prix de 47 350 euros + malus de 8 000 euros, elle reste encore près de 15 000 moins chère que l’Audi S4 ! A bon entendeur …

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commentaire(s)

  1. S4_Fan 4 mois əˈgōIl ya

    Si je suis plutôt d’accord avec ce qui est écrit : Lenteur de la boîte auto, lourdeur de la bête ou encore manque de pugnacité. Par contre, je ne suis
    absolument pas d’accord sur l’aspect vulgaire de l’auto. elle a certes un design singulier qui fait passer les designers de la S4 pour de jeunes
    dessinateurs bien frileux (je parle de l’extérieur, audi faisant partie à mes yeux des plus beaux intérieurs automobiles de série).
    Pas d’accord non plus pour comparer une OPC à une RS : V6 contre V8, turbo contre atmosphérique… Un monde, une philosophie les sépare…

    De plus certaines informations dans ce billet sont complètement fausses, voire aberrantes…
    La S4 333Cv(2015) est un V6 compressé et non pas un V8.
    L’ère du S4 V8 a duré 2 générations (B6 et B7) et n’a jamais été compressé. A peine 300Cv pour les plus chanceux, vendus 344Cv mais quelle sonorité!

    Un possesseur de S4 qui à l’époque avait intégré l’Insigna dans sa liste d’essai…

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