Essai McLaren 650S : l’anglaise revancharde (vidéo)

Pour Mclaren, l’objectif était simple avec la 650S : obtenir enfin des résultats et conquérir le coeur des clients potentiellement capables de s’offrir une supercar. Pour y arriver, il fallait faire mieux que Ferrari, la 650S a-t-elle réussi cet incroyable pari ?

Pour séduire, il faut plaire …

Voilà un long débat. Une anglaise peut-elle être aussi belle qu’une italienne ? Je pense que l’on peut dire sans froisser McLaren qu’avant la 650S, la 12C n’était pas franchement un canon de beauté. C’était même une beauté froide. Son style, finalement assez banale, tenait presque du coupé japonais. Le résultat, c’est qu’aussi douée fusse-t-elle, elle n’a jamais réellement séduit les foules. Seules une poignée de motivés par l’idée de s’approprier un bout de la prestigieuse écurie de Formule 1 avait signé le chèque. La marque anglaise a reçu le message surtout quand dans le même temps, elle proposait la P1, hypercar aux galbes autrement plus séduisants.

McLaren 650S - châssis carbone
McLaren 650S – châssis carbone

Aussi choquant que cela puisse paraître pour les quelques très heureux clients de la P1 (payée au prix cher), McLaren décida de banaliser cette plastique en relookant sa 12C avec cet avant. Le résultat est la 650S que vous avez sous les yeux et je l’avoue de suite, elle m’a séduit. En vrai, la voiture capte la lumière pour dévoiler ses galbes. Les reflets dans la carrosserie sont superbes et cette 650S est beaucoup plus chaude que la 12C. Elle émotionnellement plus captivante que la trop lisse Huracan et au moins autant que la 488. Cette version spider y ajoute le charme de rouler cheveux au vent : une véritable séductrice ! Notons également que cette modification apporte un plus niveau performance avec + 24% d’appui à 241 km/h.

L’intérieur frappe toujours autant par son côté technologique, son ergonomie bien plus pratique qu’une Ferrari et sa position de conduite au ras du sol. Une sensation renforcée par la découpe de carrosserie très particulière de l’avant qui laisse allègrement deviner les roues avant. On a réellement la sensation d’être dans une monoplace même si on ne bénéficie pas d’un poste de conduite central comme dans la F1 des années 90.

… et chanter !

Le V8 biturbo de 3,8L de la McLaren n’est pas du genre à faire semblant. Poussé ici à 650 ch pour 678 Nm de couple, il a en plus le mérite de chanter puisqu’il pousse le plaisir à plus de 7500 trs/min ! C’est un bruit d’abord rauque, métallique à partir de 4500 trs qui s’intensifie et pousse dans les aigus au fur et à mesure. Moins strident qu’un italien mais avec le sifflement des turbos bien perceptibles, le récital est tout autant enivrant. Quoique assez linéaire dans sa courbe, il n’en offre pas moins une poussée impressionnante surtout par sa durée. Les performances sont naturellement à l’avenant avec un 0 à 100 en 3 secondes. Très bien secondé bar une boîte de vitesses rapide, ce moteur est surtout mis en avant par la « facilité » du châssis. Quand la 458 de Ferrari avait tendance à parfois faire du sur place, il faut saluer le travail des ingénieurs de McLaren pour la motricité offerte par leur sportive. Le châssis est composé d’une coque carbone, de suspensions adaptatives et d’un différentiel. La direction souffre de quelques critiques en mode normale. Trop souple, elle a le mérite de faciliter les manoeuvres en ville.

Pour récupérer une conduite digne d’une vraie sportive, il faut nécessairement enclencher le mode sport. Dans ce cas, le point milieu ne flotte plus et la réactivité dans les changements de cap est plus « naturelle ». Je reviens sur les suspensions quelques instants car c’est un point qui fait réellement la différence avec ses concurrentes. La McLaren sur le mode normal et sport n’est pas le bout de bois habituel. Ses suspensions savent gommer le roulis sans jamais faire rebondir la voiture sur la moindre bosse qui se présente. Résultat, non seulement cela rend la voiture encore plus facile mais aussi utilisable au quotidien sans risquer le lumbago. Un travail sans doute facilité par le faible poids de l’ensemble 1370 kg en version spider et un peu moins en coupé.

Le crime parfait

En fait, cette 650S est l’anglaise que nous attendions réellement comme si les premières années de commercialisation de la 1C avaient été l’achèvement du travail de mise au point et des questions de style. Revenue au sommet de sa forme avec la 650S, McLaren a fin atteint son but : être capable sur le terrain de laisser Ferrari derrière. La Scuderia a tellement été bousculée qu’elle n’a pas eu d’autre choix que de ressortir les turbos que l’on n’avait plus vus depuis une certaine F40. Les italiens ont repris le dessus niveau puissance avec la 488 GTB mais McLaren a déjà répondu avec la LT. Qu’on se le dise : l’Italie n’est plus seule sur le marché …

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