Essai Ferrari CaliforniaT : difficile de faire mieux …

Lorsque la première génération de California est apparue, de nombreux observateurs se sont élevés contre cette Ferrari d’entrée de gamme. Pas assez exclusive, pas assez performante et un dessin un peu trop grossier leurs donnaient du grain à moudre. Mais ne critique-t-on pas exclusivement ce que l’on ne peut pas s’offrir ? Car les vrais clients ne s’y sont pas trompés. Ferrari aura finalement vendu plus de 10 000 exemplaires de la première génération (+facelift) depuis 2009 : un véritable carton dans le petit monde de la voiture de luxe.

Au jeu des législations sur la pollution, Ferrari a entre temps développé un nouveau moteur. S’il s’agit toujours d’une architecture V8, la cylindrée est cette fois de 3,9L et le moteur est doté de deux turbos. Ce dernier a été conçu pour recevoir plusieurs niveaux de puissance et sera logé en premier dans la CaliforniaT en 2015 afin de moderniser le coupé-cabriolet et le rendre plus performant afin d’affronter à peu près tout ce qui rôde autour de lui.

Ferrari CaliforniaT
Ferrari CaliforniaT

Ferrari en a profité dans le même temps pour corriger esthétiquement son modèle d’entrée de gamme. Avec la nouvelle calandre, optiques, flancs creusés et un arrière moins rond, cette 2nde génération possède un air de Ferrari moderne en singeant la F12 mais se rapproche aussi un peu plus de la fabuleuse 365 Daytona.

Les designers lui ont donné ce supplément d’âme et se sont attachés à renforcer l’agressivité du modèle : une réussite. A bien la regarder, on se dit que cette CaliforniaT est proche de la perfection au point de mettre à mal l’hégémonie d’Aston Martin pour le seul critère de la beauté.

A l’intérieur, cette CaliforniaT réserve un bel espace aux passagers. Mélange de classique pour le façonnage du cuir sur les fauteuils et modernisme avec le volant carbone à diodes : nous sommes dans l’atmosphère typique et inimitable de la marque. Impossible de penser être assis dans autre chose qu’une Ferrari.

Ce qui a fait une part du succès de ce modèle au sein de la Scuderia tient sans doute dans les deux petites places lovées sous la lunette arrière. On ne peut pas dire que ce soit une vraie 2+2 mais plutôt une 2+1. A moins que le conducteur ne mesure moins d’1m70, on imagine difficilement quelqu’un s’asseoir derrière lui. En revanche, c’est plus facile derrière le fauteuil du passager avant. Sans le volant, ce dernier peut s’avancer suffisamment pour faire monter un enfant derrière. Pour le bambin, on peut même se servir des fixations ISOFIX pour installer un fauteuil adapté : comment faire mieux dans une sportive ? La CaliforniaT tutoie la même fameuse polyvalence qu’une Porsche 911. Seule une Nissan GT-R peut se vanter de proposer un peu mieux mais elle n’est pas découvrable. Car il ne s’agirait pas d’oublier ce dernier argument pour dire que l’on touche là la meilleure conception possible pour une GT. La CaliforniaT est un coupé-cabriolet qui en quelques secondes replie son toit dans son coffre pour vous permettre de profiter du moindre rayon de soleil. La Dolce Vita à l’italienne fait une nouvelle fois mouche.

Ferrari CaliforniaT
Ferrari CaliforniaT

Des fondamentaux revus …

Avec la conception inédite de son V8 dotés de deux petits turbos, à la conduite cette CaliforniaT diffère radicalement de ce que l’on connaissait avant. Le moteur est plein comme un œuf et dégage une force impressionnante dès les bas régimes autour de 3 – 3500 trs. Ensuite ? Il grimpe sans jamais s’essouffler jusqu’au rupteur perché à 7500 trs. Il a donc de la ressource ce qui se traduit dans les chiffres avec 755 Nm de couple à 4750 trs et 560 ch à 7500 trs (puissance en hausse de 70ch). Ainsi, le 0 à 100 ne demande que 3,6s et les 200 km/h sont atteints en seulement 7,6s. Une fois le toit replié dans le coffre, cette CaliforniaT fait aussi office de sèche-cheveux.

Mais l’émotion qui émane d’une Ferrari provient également de son échappement. Sur ce point, Ferrari a réussi là où de nombreux autres ont échoués comme Nissan avec la GT-R. Les turbos n’étouffent pas la voix de la cantatrice italienne mais la modifient. Moins métallique, moins stridente dans les tours, on est passé au ténor italien qui possède une grosse voix capable de pointer parfois dans les aigus. En gros, imaginez un moteur AMG qui s’accouplerait à l’ancien V8 4,3L de Ferrari et vous avez la nouvelle bande son de l’italienne. Positionné au volant, le manettino, qui agit sur le moteur, la transmission et l’amortissement offre trois réglages : Confort, Sport ou ESC off (antidérapage coupé).

En mouvement, cette CaliforniaT est égale aux qualités que l’on connaît chez Ferrari. La motricité s’améliore à chaque fois et même sur nos routes en hiver, l’arrière reste stable tant qu’on ne le provoque pas. Au passage, l’idée de Ferrari de limiter le couple sur certains rapports aide aussi en ce sens. Avec 1750 kg en ordre de marche, le cabriolet italien n’est pas plus lourd qu’une 911 Turbo cabriolet. Avec un équilibre quasi parfait de 53% de poids sur l’arrière en version coupé, il est plutôt dynamique même si les pneus hiver n’aident pas à avoir un avant incisif et communicatif. Un fois le toit ouvert, on sent bien que l’on charge un peu plus l’arrière mais une nouvelle fois, la CaliforniaT reste à son aise. La suspension adaptative est un régal. En mode normal, on profite d’un confort remarquable si bien que l’utilisation quotidienne est à recommander pour votre bien être et bonne humeur. Une fois basculé sur le mode sport, la direction est plus directe et la suspension bien que raffermie ne casse pas le dos sur chaque bosse. Saluons le bon esprit de Ferrari de ne pas avoir voulu trop en faire sur le côté sportif car on sait très bien que peu de CaliforniaT verront un jour la piste. À L’usage, ce nouveau V8 sait aussi se montrer raisonnable avec une consommation qui aura tourné autour de 12,5L à 14L de moyenne.

Au final, aucune de ses concurrentes ne parviennent à la faire oublier …

Mercedes SL63 AMG, Bentley Continental GTC ou même Porsche Turbo Cabriolet : difficile de lutter quand on a face à soi une Ferrari. Si la première California était un peu « juste » d’un point de vue performances, cette version « T » remet et les pendules à l’heure et de quelle manière ! Le tout pour un prix qui et on a tendance à parfois l’oublier reste au même niveau que celles citées donc pourquoi s’en priver ?

Prix : à partir de 188 350 euros

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