Essai Audi A4 2.0 TFSi 252 ch : bonne à tout faire ?

Le monde a changé, tout change au bout du compte et même Audi qu’on pensait enfermé dans ses idées change. La preuve avec cette nouvelle génération de l’A4 qui a su se renouveler.

Si au premier coup d’oeil, on reconnaît immédiatement celle qui s’est déjà vendue à 200 000 unités en France, cette nouvelle A4 a été profondément remaniée. Le style fait désormais appel aux gênes des coupés de la marque : R8 et TT. Ainsi, on trouve à l’avant une nouvelle calandre, de nouveaux optiques et un nouveau bouclier qui ont la charge de viriliser l’ensemble, lui donner de la surface et troquer l’habit de gentille familiale pour un objet désirable. Bon si ça marche un peu, on ne peut oublier ce format un peu pépère de la berline, le break est déjà plus « jeune » sans atteindre le potentiel d’une Mercedes CLA par exemple. Disons que si ce n’est pas le mannequin de la bande, la nouvelle A4 ne manque tout de même pas de charme surtout une fois installé à bord.

Audi A4 B9 2016
Audi A4 B9 2016

Le conducteur trouve un poste de commande sympathique même s’il y a encore un peu trop de boutons et qu’Audi aurait gagné à présenter le tout façon Tesla avec un généreux écran tactile vertical qui centraliserait tout les commandes. Le MMI et son « joystick » bouton font ce qu’ils peuvent mais c’est moins intuitif. Heureusement derrière le volant, on trouve le virtual cockpit apparu sur le TT avec un écran TFT de 12,3 pouces. Clair, lisible, apportant autant d’infos qu’on en a besoin, une fois la voiture en route on pourrait presque oublier les autres commandes. Signalons que cette nouvelle A4 est plus longue, plus large et a un toit plus haut : les passagers seront mieux installés mais ce choix contribue sans doute à un sex-appeal moins prononcé que sur une berline coupé. L’A4 pense sans doute à ses vieux acheteurs, ceux qui auront les moyens pour se l’offrir à environ 40 000 euros avec les bons équipements et le bon moteur.

Pour ce prix, ils seront certains de bénéficier du meilleur des assistances à la conduite puisque cette A4 singe tout simplement la limousine A8 de la marque. Divers radars, caméras, scanners, sonars analysent l’environnement pour quasiment conduire à votre place ou tenter d’éviter les dangers apparaissants sur votre chemin.

Audi A4 B9 2016
Audi A4 B9 2016

Techniquement, cette nouvelle A4 repose sur un châssis inédit : la plateforme MLB Evo.

Derrière ce nom se cache surtout une conception où l’aluminium a remplacé tout ce qu’il pouvait (carters de boîte, plateforme, moteur etc, etc … ) pour faire maigrir la voiture : -110 kg par rapport à la précédente génération. L’A4 repose également sur de toutes nouvelles suspensions pilotées à 5 bras et hydrauliques en option (à ressorts sur la version de base). Audi affirme que cette nouvelle configuration a été pensée pour gagner en confort mais qu’en sera-t-il de la sportivité si souvent louée des berlines allemandes ? Déjà mise à mal par l’arrivée de la Jaguar XE au potentiel particulièrement dynamique, chez Audi, on s’est sans doute dit qu’il était temps de revenir aux fondamentaux d’une berline familiale qui est de tailler la route plus que de chasser à tout prix le chrono même si un châssis sport reste disponible au catalogue avec 23 mm de garde au sol en moins. C’est ce que l’on a pu vérifier sur les routes des Gorges du Verdon.

Bien entendu, on s’est largement passé du diesel pour ne retenir que la version la plus sportive pour le moment sur le marché : le 4 cylindres 2.0 TFSi de 252 ch en attendant la version S4 équipée du V6. Cette motorisation est couplée à la boîte S-tronic à 7 rapports et à la transmission Quattro ce qui laisse espérer un comportement pas seulement confortable.

Audi A4 B9 2016
Audi A4 B9 2016

Le Drive Select est fourni de série sur toutes les A4, il permet de bénéficier de plusieurs modes de conduite : de éco à sport en passant par un mode personnalisable. On agit sur les lois de la direction, de l’accélération, de la réponse moteur, de la boîte et bien entendu de l’amortissement pilotée (ici dans sa configuration optimale donc hydraulique). On débute sur le mode confort pour rapidement constater qu’effectivement l’A4 est beaucoup plus moelleuse que par le passé. Depuis Aix en Provence, le trajet autoroutier qui nous amène aux portes des Gorges du Verdon se fait sans douleur, quasi indolore. Une fois la barrière de péage passée, on bascule sur le mode sport. Le 4 cylindres est toujours aussi aphone, Audi n’ayant pas cru nécessaire d’installer un sound composer comme sur les TT et autres S3, dommage car un peu plus d’ambiance, ce n’aurait pas été de refus pour ces moments de folie.

Dans les enchaînements rapides de la D952 (un régal cette route !), l’A4 se montre plutôt à son aise même si on sent bien qu’elle est un peu plus encombré que par le passé par un peu plus de roulis. Heureusement, la bonne précision de la direction et l’efficacité du Quattro lui autorisent tout de même des passages en courbes éclairs. Le 2.0 TFSi répond présent à chaque sollicitations car rempli comme un œuf. Avec 370 NM de couple disponibles de 1600 à 4500 trs, ce sont quasiment les valeurs d’un TDI 190 (400 NM) mais avec 1500 trs d’allonge en plus ! Rien d’étonnant donc à ce que le 0 à 100 soit pulvérisé en 5,8 petites secondes pour une Vmax de 250 km/h. Volant en mains, cette poussée est vraiment sympa au quotidien pour les dépassements et les relances « plaisir » surtout avec les palettes au volant qui proposent une immersion sportive plus prononcée. La consommation en mode normal était de 8,5 litres et dans les cas extrêmes reste raisonnable avec 12,5 litres constatés au maximum.

En conclusion, il est évident que l’A4 a progressé sur le terrain où elle passera 99% de son temps : sur autoroute. Le confort y est, je crois, l’un des meilleurs de sa catégorie (souplesse et confort acoustique). Pas encore totalement sportive pour les raisons que nous avons évoquées, cette version 252 ch TFSi Quattro s’en tire tout de même avec les honneurs. La nouvelle relative « lenteur » du châssis la freine assez peu. Mais les plus exigeants devront clairement attendre une S4 plus affûtée.

  • Prix à partir de 30 870 euros
  • Prix du modèle essayé : 50 200 euros en finition S Line.

Les photos :

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commentaire(s)

  1. XKY54 2 années əˈgōIl ya

    Mais c’est une TDI !

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    1. Vincent 2 années əˈgōIl ya

      C’est juste Abel ;D Le temps et la couleur de notre modèle d’essai ne nous a guère permis de faire des photos acceptables. Celles-ci avaient été faites sur place par Audi qui nous a promis que les rouges étaient la TFSi. Nous sommes allés trop vite …

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